En 1206, les associations de
marchands lyonnais se heurtent à
l'Archevêque Renaud II de Forez
qui ne respecte pas la charte
signée en 1195 en violant les
accords pris en matière de taxe
sur les marchandises. Pour
protéger le bourg Saint-Nizier
du pouvoir ecclésiastique, les
bourgeois lyonnais décident
alors d'élever une muraille au
pied de la colline
Saint-Sébastien (Pente de la
Croix-Rousse) et une tour sur la
Saône afin de contrôler le pont
du Change, unique passage entre
Saint-Nizier et Saint-Jean.
L'archevêque intervient par les
armes en 1208 et la paix revient
grâce à l'intervention du pape
Innocent III. Renaud de Forez et
ses successeurs reprennent
toutefois les travaux entrepris
par les bourgeois lyonnais, afin
de protéger la ville d'une
potentielle attaque par la
Dombes. Un nouveau mur, épais de
deux mètres et haut de dix
mètres, est bâti entre la Saône
et le Rhône. Long de 500 mètres
environ, cette enceinte est
percée de deux portes défendues
par des pont-levis (la Porte de
la Pêcherie sur la Saône et la
porte de la Lanterne) et
protégée par dix tours rondes ou
carrées. Un chemin de ronde
crénelé et cinq guérites de
pierre permettent aux soldats de
faire le gué à son sommet.
La muraille principale est
séparée par un large fossé de 22
mètres d'un autre mur de deux
mètres de haut implanté plus au
nord. [1] En cas de siège, le
fossé, qui prend le nom de
Terralia nova (Fossés des
Terreaux) ou de Fossés de la
Lanterne, peut être rempli
d'eau. Celle-ci pénètre en cas
de besoin dans une succession de
bassins, appelée canal de Neyron,
creusés latéralement au Rhône,
et s'écouler jusqu'à la Saône
située en contrebas. En temps
normal, les arbalétriers, puis
les couleuvriniers utilisent les
fossés comme lieu
d'entraînement, d'abord côté
Saône, puis ensuite à partir de
1533 côté Rhône.



